Doucelin Pedicone : l’hiver sur glace pour forger un patineur d’élite
- AM Sports
- il y a 4 jours
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Peut-être que certains lèvent le pied en hiver, Doucelin Pedicone, patineur à roulettes dijonnais de haut niveau, a choisi l’option inverse : augmenter encore la charge. Sa préparation hivernale passe cette année par un programme aussi exigeant qu’atypique — les marathons de patinage de vitesse sur glace, disputés sur lacs et canaux gelés, dans des conditions souvent extrêmes.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Bourguignon n’a pas choisi la facilité.
Des distances hors normes
« Ce sont vraiment des courses de fou ici ! » lâche-t-il, encore marqué par l’enchaînement. Sur un lac gelé, le programme ressemblait davantage à une épreuve d’ultra-endurance qu’à une simple compétition :
• 60 km mercredi
• 100 km jeudi
• 150 km le lendemain
• 200 km quelques jours plus tard
Des volumes rares, même dans le monde du patinage longue distance. « C’était hyper dur, c’était le marathon le plus rapide de la saison sur une glace qui n’est pourtant pas la plus rapide », raconte-t-il, partagé entre lucidité et admiration pour le niveau global.
Le défi technique : trouver le relâchement
Au-delà de l’endurance, ce stage grandeur nature met en lumière un axe de progression précis. Doucelin analyse avec finesse :
« À la fin j’étais cuit. J’ai encore du mal à me détendre en ligne droite. Sans double poussée, j’ai du mal à me relâcher. C’est vraiment ce qui me bloque quand ça enchaîne 10 à 20 tours à rythme élevé. En sprint et sur les accélérations, par contre, je suis bien. »
Un constat précieux : la vitesse est là, la capacité d’accélération aussi, mais l’économie gestuelle sur le très long effort reste le chantier prioritaire. Un travail technique qui pourrait faire la différence lors de la saison roller.
Le froid, la glace… et les chutes
Comme si la distance ne suffisait pas, la nature s’est invitée dans l’équation. « –14°C au départ jeudi, –1°C ensuite, mais avec de la neige en fin de course, des fissures nombreuses dans la glace, une adhérence très variable, je suis tombé en mettant le pied dans un trou, il y en a partout, et donc beaucoup de chutes », explique-t-il. Les conditions ont même obligé à adapter l’équipement : « Au début j’avais de grosses lunettes, ce n’était pas suffisant, j’ai failli me geler un œil. Depuis je mets un masque de ski. »

Le patinage sur glace en milieu naturel demande autant de lecture de terrain que de puissance physique.
Une course référence : 24e place
Malgré la fatigue accumulée, Doucelin signe ce qu’il considère comme sa meilleure prestation : 24e place sur l’une des épreuves.
La veille, de fortes chutes de neige avaient laissé des traces. « Malgré le déneigement, avec le vent il restait de la neige sur le circuit. On était un peu plantés, c’était dur. »
Côté stratégie, il avait un plan clair :
« Je voulais vraiment prendre l’échappée pour avoir un effort plus linéaire et mieux gérer la durée, parce que souvent le peloton laisse partir un groupe de 10 à 15. Mais après 3 heures de course et plein de tentatives, il n’y avait toujours pas d’échappée… »

Résultat : une course usante, irrégulière, tactique. « J’étais déjà un peu vidé, donc la fin a été surtout d’essayer de survivre. Tout le monde a explosé en petits groupes dans les deux dernières heures. »

Un hiver qui construit la suite
Au-delà du classement, l’objectif est clair : forger un moteur, solidifier le mental et affiner la technique pour la saison roller.
Autant d’atouts qui, une fois transposés sur l’asphalte, pourraient donner à Doucelin Pedicone une dimension supplémentaire. A suivre…
(c) Photos : Neeke Anna



















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